Une zone partagée qu’on traverse sans la voir
À Genève, les halls d’entrée racontent notre manière d’habiter : il est possible de vivre dix ans dans le même immeuble sans connaître un seul voisin.
On entre. On monte. On ferme la porte.
Et entre les deux ? Rien.
Les halls d’entrée, autrefois pensé comme un lieu d’accueil ou de transition, est devenu un espace fantôme :
Un mur de boîtes aux lettres. Une feuille A4 annonçant une coupure d’eau. Un sol carrelé qu’on oublie en marchant dessus.
Mais est-ce vraiment ça, un hall d’entrée ?
Est-ce que ce lieu de passage ne mérite pas un peu plus que de l’indifférence ?
Les halls d’entrée : un espace qu’on partage, mais qu’on néglige
Un hall d’entrée peut être bien plus que fonctionnel. Il peut être :
- Un lieu d’échange discret
- Un moment de transition entre la rue et l’intime
- Un endroit qui donne envie de lever les yeux, de dire bonjour
C’est le seul espace que les habitants partagent au quotidien — et pourtant, on le traite comme un espace purement technique.
Pourquoi ces espaces sont si souvent ratés
Dans la réalité des projets immobiliers actuels :
- Le hall est compressé pour gagner quelques mètres carrés vendables
- Il est bâclé en fin de chantier car « il ne se vend pas »
- Il est souvent non identifié — on ne sait pas si on est déjà dans l’immeuble ou encore dehors
Même quand une intention architecturale existe (volumes, lumière, matériaux), elle disparaît à la livraison.
Pourquoi ? Parce que le promoteur ne pense pas que quelqu’un y prêtera attention.
Et les habitants, eux, ne le réclament même plus. L’habitude du vide s’est installée.
Repenser ces espaces « invisibles »
Mais si le hall d’entrée est parfois le seul point de contact entre voisins, ne devrions-nous pas lui redonner un rôle ?
Un peu de chaleur, de lumière, de matière, pour en faire un espace où l’on respire avant de rentrer chez soi.
Ce n’est pas une question de luxe.
C’est une question de respect de ceux qui habitent là.
Et de ce qu’un immeuble peut proposer en plus du logement lui-même.
Plus qu’un passage
Un hall d’entrée peut être bien plus qu’un lieu de transit.
Il peut devenir un lieu de lien. Un repère. Un geste de soin.
Et si on commençait à le traiter comme un espace commun qui compte vraiment — pas juste comme un mètre carré perdu dans le budget ?
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